Les communes ont été créées par une loi du 14 décembre 1789 pour la constitution des municipalités1. Chaque commune, quelle que soit sa taille, est administrée par, d’une part, un conseil municipal et, d’autre part, par le maire et un ou plusieurs adjoints.
Le Maire
Après avoir évoqué le maire Georges Rémond dans deux articles précédents – Andrezel en 1926 et Tous les maires d’Andrezel – je vous propose aujourd’hui de nous intéresser au conseil municipal qui l’entourait en 1926.
Les conseillers municipaux
Le conseil municipal d’Andrezel compte neuf membres autour du maire Georges Rémond: six cultivateurs, deux ouvriers agricoles et un ancien officier. Ils représentent principalement le monde agricole, activité essentielle économique du village.
Aux élections de 1908, 1912 et 1919, les noms de Jovet et de Vaucelles sont mentionnés sans prénom. Cette dernière année, Léon Dupré apparaît comme conseiller municipal. Lors des élections du 17 mai 1925, les noms des conseillers sont clairement lisibles: Léon Dupré, Léon Jovet, Jules Prigent, Henri Bisson, Alfred Jovet, René de Vaucelles et Henri Dithiot. Il est également fait mention de G. Woivrey et de D. Tardivon. Aux élections suivantes, qui voient l’élection de Georges Rémond en 1929, les conseillers sont tous cités avec leur prénom et leur nom, à l’exception de Prigent et de Vaucelles, mentionnés sans prénom. On y trouve également les noms de Henry Grandray et de Louis Rémond.
Quatre enfants d’Andrezel ont siégé au conseil municipal autour de Georges Rémond: Léon Dupré, Léon et Alfred Jovet, Jules Prigent.
1- Léon Dupré, cultivateur, habitant Rue de Champeaux
Léon Gustave Dupré naît le 16 février 1881 à Andrezel. Fils de Victor Armand Dupré, marchand de vins âgé de 30 ans et Mélanie Célestine Adèle Fontaine, sa femme, âgée de 22 ans. La naissance est déclarée par son père, accompagné de son grand-père Eugène Alphonse Dupré, propriétaire âgé de 68 ans et de son oncle Alphonse Dupré, jardinier âgé de 39 ans.
Près de trente ans plus tard, Léon Gustave Dupré s’apprête à fonder sa propre famille. Le 13 janvier 1910, un contrat de mariage est passé devant maitre Moreau, notaire à Guignes.
Quelques jours plus tard, le 18 janvier 1910, devant Georges Rémond, maire d’Andrezel, Léon, cultivateur âgé de 28 ans, se marie avec Augustine Colas, domestique âgée de 23 ans. Les parents de l’époux, Victor et Mélanie, sont présents et consentants. A cette date, son père est cultivateur et sa mère est épicière. Plusieurs membres de la famille sont également présents: Alphonse Dupré, l’oncle de l’époux, Albert Eugène Legras, cousin par alliance de l’époux, Philippe Nolot, oncle de l’épouse et François Meunier, cousin de l’épouse.

Les recensements de 1921 et 1931 nous donnent un aperçu de la composition du foyer. Le chef de famille est cultivateur patron, son épouse est épicière patronne. Le couple réside avec leur fille Geneviève, née en 1912. On trouve également dans le foyer Ernest Banseignie, ouvrier agricole né en 1901. Dix ans plus tard, la situation est restée similaire; à l’exception de l’absence d’Ernest Banseignie dans le recensement.
Léon Dupré décède le 10 mars 1955 à Brunoy, à l’âge de 74 ans.

2- Léon et Alfred Jovet, cultivateurs, habitants Rue de Champeaux/Rue Basse
Léon Jovet naît le 15 novembre 1860 à Andrezel, dans le hameau du Truisy. Fils de Jean Louis Jovet, charretier âgé de 40 ans et Cécile Angélique Labiche, son épouse, âgée de 30 ans. Sa naissance est déclarée par son père, devant Jean Baptiste Fontaine, adjoint au Maire, en présence de deux de ses amis: Louis Moreau et Elie Leclerc, tous deux d’Andrezel.
Le 16 avril 1887 à Andrezel, devant le maire Hector Auguste Rémond, Léon Jovet, manouvrier âgé de 26 ans, se marie avec Emélie Fontaine, âgée de 20 ans. Les parents du marié, Jean, manouvrier et Cécile, sont présents et consentants. Plusieurs membres de la famille sont également présents: François Jean Labiche, oncle maternel du marié, Tibure Baticle, oncle par alliance du marié, Louis Félix Antoine Angibault et Eugène Julien Gaucher, oncles par alliance de la mariée.

Lors du recensement de 1921, Léon est cultivateur patron, Emélie est cultivatrice pour son mari. Lors du recensement 1931, aucune profession n’est indiquée pour Emélie et Léon.
A 71 ans, il a probablement cessé de travailler.
Alfred Paul Jovet naît le 2 novembre 1891 à Andrezel de Léon et Emélie Jovet. Son père déclare sa naissance en présence de Charles Fontaine, cultivateur âgé de 56 ans et Victor Armand Dupré*, épicier âgé de 40 ans.
*Ce dernier est cité plus haut dans l’article, il est le père de Léon Dupré.
Le 12 octobre 1920 à Bernay-en-Brie, Alfred Paul Jovet, cultivateur, se marie avec Léonie Georgette Boudot, couturière âgée de 24 ans. Les parents d’Alfred sont présents et consentants au mariage. Deux témoins sont présents également au mariage: Louis Paul Hobert et Albert Boudeau.

En 1921, Alfred travaille comme cultivateur pour son père, Léon. Son épouse est également cultivatrice pour son beau-père. En 1931, le recensement situe le couple Rue Basse et montre une évolution de la situation d’Alfred: il est maintenant cultivateur patron. Il vit avec Léonie et son beau-père, Albert, âgé d’environ 80 ans.
Alfred Jovet décède le 13 avril 1976 à Tournan-en-Brie, à l’âge de 84 ans

3- Jules Prigent, chef de culture, habitant Rue de Champeaux
Jules Dupré naît le 7 septembre 1871 à six heures du matin, à Andrezel. Sa mère, Zélie Angélina Dupré, journalière âgée de 30 ans, se présente à la mairie d’Andrezel pour déclarer sa naissance. Dans l’acte, il est écrit qu’« elle déclare se reconnaître la mère ». Le jour de la déclaration, son père Henri Dupré, charretier âgé de 62 ans et son cousin Alphonse Eugène Dupré, jardinier âgé de 30 ans, sont présents.
Jules Dupré est légitimé* le 29 mars 1879 par le mariage de sa mère avec Jean Marie Prigent, charretier âgé de 32 ans. Une déclaration est faite devant l’officier d’état civil: au nom de la loi, les époux reconnaissent que deux enfants sont nés d’eux, tous deux inscrits sur les registres de l’état civil de la commune d’Andrezel. Jules a un frère aîné, Henri Arthur, né le 15 juillet 1866, qui a donc cinq ans lors de la naissance de Jules.
*Une mention est portée en marge de l’acte de naissance de Jules Dupré
Devant le maire Hector Auguste Rémond, le 1 mai 1897 à Andrezel, Jules Prigent, garde particulier âgé de 25 ans, se marie avec Juliette Dupré, couturière âgée de 19 ans. Les parents du marié, Jean et Zélie Prigent, tous deux cultivateurs résidant à Andrezel, au Truisy, sont présents et consentents au mariage. Quelques jours avant, le 27 avril 1897, les futurs époux ont passé un contrat de mariage devant maitre Moreau, notaire à Guignes. Du côté du marié sont présents son frère Henri Arthur Prigent, berger âgé de 30 ans, et son oncle maternel Alfred Dupré. Du côté de l’épouse sont présents deux de ses oncles : Ernest Arsène Brandin et Alphonse Eugène Dupré*, toujours jardinier, alors âgé de 55 ans.

*Ce dernier était déjà présent lors de la déclaration de naissance de Jules.
Le recensement de 1921 présente Jules comme chef de culture pour M. Rémond, et sa femme Juliette est cuisinière. Leur fille Marguerite, née en 1899, travaille comme domestique. Le foyer comprend également plusieurs ouvriers agricoles:
. Marcel Ely, née en 1898
. Jean Baptiste Peleman, Belge, né en 1874
. Proper et Joseph Maerckx, Belges, nés en 1903 et 1865
En 1931, Jules ne vit qu’avec Juliette, et aucune profession n’est indiquée.

4- Henri Dithiot, ouvrier agricole, habitant Rue Basse
Henri Hector Dithiot naît le 24 septembre 1874 à Fouju. Il est le fils d’Edmond, manouvrier âgé de 32 ans, et de Céline Porté, son épouse âgée de 23 ans. Son père déclare sa naissance, accompagné de Louis Adolphe Dithiot et Adolphe Dithiot, tous deux manouvriers, âgés de 37 et 61 ans.
Henri Hector Dithiot se marie avec Louise Eugénie Dupré le 5 novembre 1898 à Andrezel, devant le maire Hector Auguste Rémond. Henri est alors âgé de 24 ans et exerce comme domestique ; ses parents sont présents et consentent au mariage. Sa future épouse, âgée de 23 ans, est domiciliée chez son père, Jules Félix, à Andrezel, lequel est présent et consent au mariage. L’oncle et le beau-frère du marié sont témoins à son mariage, Léon Roy et Fernand Arthur Bourdin, ainsi que deux oncles de la mariée, Alphonse Eugène Dupré et Victor Armand Dupré, tous deux domiciliés à Andrezel.

Au moment du recensement de 1921, Henri est ? pour M. Rémond. Il habite avec sa fille Odette, née en 1908 à Andrezel et son petit-fils André, né en 1917 à Paris. Lors du recensement de 1931, Henri est ouvrier agricole, toujours au service de M. Rémond. Il vit avec sa fille Louise Suzanne Dithiot Bonnefoy, née en 1905; son gendre Henri Bonnefoy, lui aussi ouvrier agricole chez M. Rémond. Son petit-fils André est toujours présent dans le foyer; le recensement précise son nom: André Nieuport.
Henri Dithiot décède le 13 mars 1959 à Andrezel.
5- Dominique Tardivon, journalier/ouvrier agricole, habitant Le Truisy
Dominique Tardivon naît le 21 mai 1886 à Rouy2. Il est le fils de Françoise et Thomas Tardivon, Les époux, âgés de 45 et 40 ans, sont domiciliés au Pont, commune de Rouy. Son père déclare sa naissance en présence de deux témoins: Dominique et Vincent Perrin, âgés de 32 et 25 ans et tous deux domiciliés au bourg de Rouy.
Dominique Tardivon, garçon meunier âgé de 24 ans, se marie avec Laure Augusta Chapelier, âgée de 22 ans, le 25 février 1911 à Rouy. Il habite au bourd de Rouy. Sa mère, Françoise Massacrier, est veuve. Elle est présente et consentante au mariage de son fils. Elle est domiciliée au bourg de Rouy. La mère de la mariée, Berthe Chapelier, ancienne pupille des enfants assistés du département de la Seine, est également présente et consentante au mariage de sa fille. Trois amis des futurs époux sont témoins de leur union: Charles Guyot, ami du marié, Thomas Jacquemin et Edmé Guissé, amis de la mariée. Daniel Pierre, un oncle du marié, est également témoin.

Dans le recensement de 1921, Dominique est mentionné comme journalier pour M. Bisson. Il habite avec sa belle-mère, Berthe Chapelier, et avec ses enfants: Louis, né en 1911 dans la Nièvre, Marie, née en 1912 et Raymond, né en 1920, tous deux à Andrezel. Dix ans plus tard, lors du recensement de 1931, Dominique est ouvrier agricole, toujours au service de M. Bisson. Il vit avec son épouse Laure et leurs enfants: Louis, Marie et Raymond, déjà présents en 1921, auxquels se sont ajoutés René, Denise et Simone, nés en 1924, 1926 et 1929 à Andrezel. Le recensement précise que son fils Louis exerce le métier de jardinier.
Berthe Chapelier, présente dans le foyer en 1921, n’apparaît plus dans celui de 1931. Elle est peut-être décédée entre ces deux dates, ou bien partie vivre ailleurs.
Dominique Tardivon décède le 13 juillet 1958 à Andrezel.
6- Gustave Woivrey, cultivateur, habitant Rue Basse
Gustave Woivrey naît le 5 février 1885 à Chaumes-en-Brie. Fils d’Hilaire, âgé de 36 ans, et d’Ernestine Julie Pipart, âgée de 31 ans. La déclaration de sa naissance est faite par son père, en présence de deux témoins.
Le 11 mars 1909, Gustave, alors âgé de 24 ans et manouvrier, s’unit par le mariage à Prudence Huet, domestique âgée de 20 ans. Les parents du marié sont présents et consentent au mariage. Les deux frères de l’époux, Ferdinand, 36 ans, et Louis, 32 ans, sont témoins de leur union. Augustin Sevin, oncle maternel de la mariée, et Marie Eugénie Legouge, épouse Barreau et amie de la mariée, sont également témoins.

Au recensement de 1921, Gustave apparaît comme cultivateur à son compte et vit avec Prudence, également cultivatrice.
Gustave n’est pas mentionné sur le recensement de 1931.
Gustave décède le 10 mars 1968 à Villecresnes.
7- Rene de Vaucelles, ancien officier, habitant Le Château
> noms familiers pour Andrezel
René de Vaucelles naît le 5 octobre 1854 à Paris, dans le dixième arrondissement (38/51).
René épouse Thérèse le 28 septembre 1881 à Bayeux, dans le Calvados (445/531).
Le recensement de 1921 indique que M. de Vaucelles réside avec sa femme, Thérèse, ainsi que leurs trois domestiques : Ludovic et Euphrasie Esnault, chauffeur et femme de chambre, et Marie Combaluzier, cuisinière.
Deux autres ménages occupent également des habitations du château: d’une part, Pascal et Félicité Boutillier, lui garde particulier au service de M. de Vaucelles, accompagnés de leur petite-fille Suzanne Gabarrou; d’autre part, Paul et Armance Leroy, avec Fernand Courault, les deux hommes étant employés comme jardiniers par M. de Vaucelles.
Lors du recensement de 1931, René réside seul avec son épouse.
Paul et Armance Leroy occupent toujours une habitation du château; Paul y exerce encore la fonction de jardinier. Un nouveau ménage s’est installé dans l’une des habitations du château: la famille Geoffroy, composée d’Albert, garde-chasse au service de M. de Vaucelles, de son épouse Marie, et de leurs cinq enfants: Paulette, Solange, Gabriel, Roger et Pierre.
René de Vaucelles décède le 7 mars 1934 à Andrezel.
8- Henri Bisson, cultivateur, habitant La Borde
Henri naît en 1880 à Pont-sur-Yonne
Henri est le père de Pierre, né en 1908, mari de Madeleine Guérin
Henri est cultivateur à la ferme de la Borde (image de la ferme) au moment du recensement du 31 mars 1921 et du 20 mars 1931.
Recensement de population d’Andrezel, La Borde, en 1921
- Henri Bisson, cultivateur
- Blanche Bisson, né en 1883
- Pierre Bisson, né en 1908 à Pont-sur-Yonne
- André Montcharmont, ouvrier agricole né en 1896
- Camille Montcharmont, née en 1903
- Victor Naudin, né en 1882
- Gabrielle Naudin, née en 1892
- François De Beis, belge, né en 1878
- Aline De Beis, belge, née en 1883
Recensement de population d’Andrezel, La Borde, en 1931
- Henri Bisson
- Blanche Brochon, épouse Bisson
- Marie Voltat, veuve Brochon, née en 1855, belle-mère d’Henri
- Victor Naudin, chef de culture né en 1882
- Marthe Simonet, femme Naudin, domestique née en 1892
- Pierre Bisson, né en 1901, fils d’Henri
- Roger Bidault, stagiaire né en 1908
- Séverin De Flo, belge, ouvrier agricole né en 1865
- Yvan Damjanik, yougoslave, ouvrier agricole né en 1892
- Yvan Hodnik, belge, yougoslave, ouvrier agricole né en 1900
- Théodor Zanowiak, polonais, ouvrier agricole né en 1900
- Simon Peycilak, polonais, ouvrier agricole né en 1902
- Jean Noulas, polonais, ouvrier agricole né en 1891
- Yvan Kosutru, polonais, ouvrier agricole né en 1908
Dans l’entre-deux-guerres, Andrezel est un village essentiellement agricole. Les fermes emploient régulièrement des ouvriers venus de l’étranger, notamment Belges, Yougoslaves et Polonais comme l’indiquent les recensements de population.
Sur les recensements de population suivants (1936 et 1946), Henri est absent. Son fils Pierre devient patron de la ferme de La Borde.
- La Loi du 14 décembre 1789 pour la constitution des municipalités a été promulguée sous le règne de Louis XVI, qui était alors le Roi des Français. ↩︎
- Rouy est une commune française située dans le département de la Nièvre, en région Bourgogne-Franche-Comté. ↩︎
